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 Les ders des ders... *V

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goldilox

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MessageSujet: Les ders des ders... *V   Ven 14 Mar - 18:18

Voilà, le dernier Poilu français s'est éteind le 12/03/08, avec lui part tout un pan dramatique de l'Histoire qui a conduit à s'entretuer des millions de soldats du monde entier dans une guerre industrielle, inhumaine et absurde.

Lazare Ponticelli, né Lazzaro Ponticelli (1897-2008) était officiellement le dernier poilu français de la Première Guerre mondiale depuis le décès de Louis de Cazenave le 20 janvier 2008. Doyen des Français, il est aussi le neuvième homme de nationalité française à entrer dans la liste des supercentenaires. (Qui atteignenent 110 ans)
Il est né à Bettola, petite ville du nord de l'Italie dans la province de Plaisance en Émilie-Romagne le 7 décembre 1897 (il serait né en réalité le 24 décembre 1897, et aurait été déclaré à la mairie le 27 décembre 1897, cependant avec le temps, le 2 du 27 aurait dispararu, ce qui vieillit Lazare Ponticelli de 20 jours : 7 décembre 1897).
Il grandit dans une famille très pauvre de sept enfants qui vit à Cordani un village de montagne. Son père travaille sur les foires et est aussi à l'occasion menuisier et cordonnier. Sa mère cultive le petit lopin de terre familial et trois fois par an descend travailler comme journalière dans les rizières de la plaine du Pô. Sa mère part en France pour essayer de gagner plus d'argent alors que son fils Lazare n'a que deux ans. Son père et son frère aîné décèdent brutalement quelques temps après. Le reste de la famille décide alors de tenter aussi sa chance à Paris et laisse le petit Lazare chez des voisins.
L'enfant commence à travailler dès l'âge de six ans, capturant des volatiles et fabriquant des sabots. Il utilisera l'argent gagné pour prendre le train et se rendre à Paris en France. Ne sachant pas si ses économies seraient suffisantes pour acheter un billet Piacenza-Paris, il décida de courir derrière le train jusqu'à la frontière française, avec ses sabots sur l'épaule pour ne pas les abimer. Il débarque Gare de Lyon, en 1906 à 9 ans, sans savoir ni lire, ni écrire, ni parler français.
En France, il reste trois jours et trois nuits dans la gare, jusqu'à ce qu'un chef de gare le remarque. Celui-ci tenta de l'interroger sur sa présence ici mais Lazare, ne connaissant pas le français, ne put que lui répéter le nom d'un bistrotier, point de passage des Italiens de son village travaillant à Paris et dont on lui avait parlé avant son départ. Par chance, le chef de gare reconnut le nom et le conduisit chez le cafetier dont la femme le prit sous son aile.
Il commença à travailler comme ramoneur à Nogent-sur-Marne, où résidait une importante communauté italienne, puis devint crieur de journaux à Paris. Il garde d'ailleurs un souvenir vif du jour de la mort de Jean Jaurès le 31 juillet 1914, car, à cette occasion, les gens s'arrachèrent ses journaux place de la Bastille. Il travailla également comme coursier pour Pierre et Marie Curie.
Dès le début de la Première Guerre mondiale, en trichant sur son âge, il s'engagea dans le premier régiment de marche de la Légion étrangère, de Sidi-Bel-Abbès, où il retrouva d'ailleurs l'un de ses frères, et fut envoyé sur le front à Soissons.
En mai 1915, il se trouve près de Verdun, lorsqu'il est démobilisé. En effet, avec l'entrée en guerre de l'Italie, il doit rejoindre l'armée italienne. Refusant de quitter l'uniforme français, c'est accompagné de deux gendarmes qu'il est amené à Turin. Il est enrôlé dans le 3e régiment de chasseurs alpins, les Alpini, et combat les Autrichiens dans le Tyrol.
Il connaît alors les fraternisations entre troupes autrichiennes et italiennes(beaucoup d'Alpini du Tyrol italien parlent l'allemand). Sa compagnie est alors sanctionnée par l'État-major et envoyée dans une zone de combats plus rude, à Monte Cucco, aujourd'hui en Slovénie. En charge d'une mitrailleuse, il sera blessé sérieusement à la joue par un éclat d'obus lors d'une sanglante offensive italienne contre les positions ennemies. Il est opéré sur place à vif et envoyé en convalescence à Naples. Il retourne au front en 1918 à Monte Grappa où il est confronté aux attaques au gaz, tuant des centaines de ses camarades :
« Des hommes, touchés par les gaz, gonflaient et mouraient par paquets. Ceux qui arrivaient derrière étaient obligés de leur marcher dessus. Les corps éclataient comme des ballons...»
C'est là qu'il apprend la signature de l'armistice.
Démobilisé et de retour en France en 1920, il fonde avec ses deux frères, Céleste et Bonfils, une société de fumisterie (Ponticelli Frères), entreprise qui deviendra une petite multinationale dans le domaine de la construction et de la maintenance industrielle, principalement dans le pétrole et le nucléaire, employant plus de 3 500 personnes.

En 1939, au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Lazare demande et obtient la nationalité française. Il s'engage au 3e bureau du département de la Seine. Mais jugé trop vieux pour le service actif, il est renvoyé à son entreprise où l’on estime que ses services seront plus profitables à l’effort de guerre. Il évacue cette dernière en zone sud non occupée par les Allemands. Lors de l'occupation de cette dernière en 1942, il retourne à Paris et s'engage dans la Résistance. Il prendra sa retraite en 1960.

Comme beaucoup de poilus, Lazare Ponticelli n'a pas parlé de ce qu'il a vécu lors de la Première Guerre. Ce n'est que ces dernières années qu'il a accepté de témoigner dans des écoles et auprès de journalistes.
« Cette guerre, on ne savait pas pourquoi on la faisait. On se battait contre des gens comme nous... »
« On ne voulait pas faire la guerre, on nous l'a fait faire c'etait comme ça à l'epoque » en effet, toute désobéissance vous conduisait au mieux « de Verdun à Cayenne » au pire vous valait le peloton d'exécution.
Entre le 20 janvier 2008 et le 12 mars 2008, il a été le dernier poilu vivant, après la mort de Louis de Cazenave. Comme ce dernier, il avait manifesté son opposition à avoir des obsèques nationales. En 2005, le Haut conseil de la mémoire combattante, présidé par le président de la République, avait décidé que seraient organisées des obsèques de portée nationale pour le dernier combattant de 1914-1918 et que celui-ci serait enterré au Panthéon. Lazare Ponticelli a déclaré « Je refuse ces obsèques nationales. Ce n'est pas juste d'attendre le dernier poilu. C'est un affront fait à tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu'ils méritaient. On n'a rien fait pour eux. Ils se sont battus comme moi. Ils avaient droit à un geste de leur vivant... Même un petit geste aurait suffit». Il estime que le travail de mémoire arrive trop tard. « On s'en est foutu un peu. Il a fallu que ce soit Chirac qui commence à bouger quand on n'était plus nombreux et qu'on était fatigués. ». Sa fille a indiqué que si elle pouvait accepter une cérémonie nationale simple dédiée aux morts de la Première Guerre mondiale, elle exige que son père soit enterré dans le caveau familial.
Le 11 novembre 2007, il assiste à ses dernières commémorations de l'Armistice dans sa ville du Kremlin-Bicêtre et le 16 décembre 2007, il est reçu à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration à Paris pour célébrer ses 110 ans.
Le 23 janvier 2008, Lazare Ponticelli, après le décès de Louis de Cazenave, a néanmoins accepté des obsèques nationales mais à condition que celles-ci soient simples, dédiées à tous les morts de la Première Guerre mondiale. Cependant, il refuse le Panthéon et souhaite être enterré auprès des siens.
Il décède le 12 mars 2008 au Kremlin-Bicêtre dans le Val-de-Marne en France à l'âge de 110 ans. L'annonce de sa mort a été faite par la présidence de la République française depuis l'Élysée.

Désormais ils ne sont plus que 8 vétérans à travers le monde à avoir vécu cette période :

Le dernier soldat allemand de la Première guerre mondiale, Erich Kästner, est décédé le 1er janvier 2008 à l'âge de 107 ans.

Armée britannique
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- Henry Allingham, né le 6 juin 1896, 111 ans. Doyen des vétérans, il est le seul à avoir combattu du début à la fin du conflit. Engagé volontaire dans l'armée britannique dès 1914, il intègre comme mécanicien le Royal Naval Air Service, prend part en 1916 à la bataille navale du Jutland. Il est reversé en 1917 dans une unité de la Royal Air Force, au sein de laquelle il combat dans la Somme. Il vit aujourd'hui en Angleterre.
- Harry Patch, né le 17 juin 1898, 109 ans. Il est le dernier vétéran britannique à avoir combattu dans les tranchées. Appelé en 1917, il intègre la 7e division d'infanterie légère du Duc de Cornouailles. Il combat sur le front franco-belge, notamment à Ypres. Il est grièvement blessé le 22 septembre 1917 par un obus. Il vit aujourd'hui en Angleterre.
- Claude Choules, né le 3 mars 1901, 106 ans. Entré en 1916 dans la Royal Navy, il sert dès 1917, à bord du cuirassé HMS Revenge en Mer du Nord. Il vit aujourd'hui en Australie.

Armée italienne
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Outre Lazare Ponticelli, deux autres vétérans ont combattu pour l'Italie :
- Delfino Borroni, né le 23 août 1898, 109 ans. Il intègre, en janvier 1917, le corps des Bersagliers, corps d'élite de l'infanterie italienne et combat contre les Austro-hongrois dans le Tyrol, sur le haut plateau d'Asiago. Affecté en septembre 1917 sur le front oriental dans le secteur de Cividale, il prend part à la bataille de Caporetto. Il vit aujourd'hui dans le nord de Italie.
- Francesco Chiarello, né 5 novembre 1898, 109 ans. Appelé dans l'armée italienne dès 1918, il intègre le 19e régiment d'infanterie de Cosenza. Envoyé au front dans la région de Trente, il participe à la contre-offensive de la Piave et à la bataille finale de Vittorio Veneto. Il vit aujourd'hui dans le sud de l'Italie.

Armée américaine
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- Franck Buckles, né le 1er février 1901, 106 ans. Il s'engage en 1917 à l'âge de 16 ans. En décembre 1917, il part pour la France. D'abord ambulancier, il est ensuite affecté à la surveillance et l'escorte de prisonniers allemands. M. Buckles est le dernier vétéran de l'armée américaine à avoir servi en zone de combat. Il vit aujourd'hui en Virginie Occidentale (côte est).

Armée austro-hongroise
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- Franz Künstler, né le 24 juillet 1900, 107 ans. Le 6 février 1918, il entre au 5e régiment d'artillerie hongrois de Szeged. Après six semaines de formation militaire, il est envoyé sur le front italien et participe aux batailles du Piave (juin 1918) et de Vittorio Veneto (octobre-novembre 1918). Dernier survivant des armées austro-hongroises, M. Künstler vit actuellement dans le sud de l'Allemagne.

Armée de l'Empire Ottoman
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- Yakup Satar, né le 11 mars 1898, 109 ans. Il s'engage dans l'armée ottomane en 1915. Il intègre une unité secrète surnommée "gazcilar", dans laquelle des instructeurs allemands les forment à lancer des gaz. Yakup Satar est fait prisonnier par les forces anglo-indiennes lors de la 2e bataille de Kut-el-Amara, le 23 février 1917, sur le front de Bagdad. Dernier vétéran de l'Empire Ottoman, Yakup Satar vit aujourd'hui en Turquie.

- Pays belligérants où il n'y a plus de combattant survivant de la Première guerre mondiale : Allemagne, Belgique, Grèce, Pologne, Portugal, Roumanie, République tchèque, Sénégal...

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